Iran : vive la révolte de la jeunesse et des travailleurs !

Téhéran le 16 Novembre

La décision du gouvernement iranien de supprimer les subventions sur le prix de l’essence, sous couvert d’aider les plus démunis, a déclenché une révolte populaire.

Ainsi, quelques heures après l’annonce surprise de ce qui va se traduire concrètement par une hausse du prix de l’essence pour une population déjà frappé durement par la crise, des manifestations ont éclaté vendredi 15 novembre dans des centaines de villes.

Pour la première fois depuis la fin de l’année 2017, et à trois mois des élections législatives prévues pour février 2020, les Iraniens sont descendus dans les rues par milliers pour manifester ou pour bloquer les routes.

Très vite, leurs slogans, qui portaient d’abord sur des revendications économiques, ont pris une couleur politique allant jusqu’à remettre en cause la légitimité même de tout le système.

Ces manifestations sont survenues alors que l’Irak, voisin de l’Iran, est touché par une vague de contestation populaire d’une ampleur inédite contre le gouvernement et les partis corrompus, ainsi que l’ingérence de Téhéran dans les affaires irakiennes.

Les raisons de la révolte…

Depuis un an, l’Iran est étranglée par de nouvelles sanctions étasuniennes contre le pétrole iranien. Son économie est en récession.

En effet, Donald Trump a sorti l’artillerie lourde contre Téhéran. Le lundi 22 avril, Trump a décidé de mettre fin aux exemptions qui permettaient encore à huit pays – dont la Chine, l’Inde et la Turquie – d’importer du pétrole iranien.

Officiellement, Washington veut « porter à zéro » les exportations iraniennes d’or noir et « priver le régime de sa principale source de revenus », a indiqué la Maison Blanche.

En réalité, en fermant le robinet à pétrole iranien, ce qui a eu comme conséquence une hausse du prix du brut, Donald Trump fait, par ricochet, le jeu des producteurs pétroliers américains. Ces derniers ont, en effet, besoin que le pétrole se vende cher car le gaz ou pétrole de schiste (la spécialité américaine) coûtent davantage à extraire que le pétrole traditionnel iranien ou saoudien.

Depuis mai 2019, les sanctions américaines visent principalement les industries sidérurgiques et pétrochimiques, ainsi que la force militaire d’élite du régime islamique en tant qu’organisation terroriste étrangère. Les sanctions entravent également des investissements indispensables dans le pays.

Le système bancaire est en ruines. Les banques insolvables et le gouvernement empruntent de l’argent à la banque centrale pour aider les entreprises en faillite à payer les travailleurs et éviter les protestations. La Banque centrale inonde l’économie de liquidités.

La récession entraîne le chômage. L’emploi se détériore même pour les personnes instruites. Un tiers des hommes et la moitié des femmes de moins de 30 ans titulaires d’un diplôme universitaire sont au chômage. 44 % des chômeurs ont un diplôme universitaire.

L’inflation approche les 40 %. Les prix de nombreux produits alimentaires doublent ou triplent, et de nombreux médicaments sont en pénurie.

Le revenu mensuel de millions de travailleurs est maintenant d’environ 100 dollars, ce qui est bien inférieur aux estimations du seuil de pauvreté du pays. En 2018, la valeur de la monnaie iranienne a diminué de deux tiers.

Révolution et contre-révolution

Quelques heures après l’annonce vendredi de cette mesure, des dizaines de villes d’Iran ont été touchées par les manifestations, qui ont rapidement dégénéré en émeutes contre le régime. Internet a notamment été coupé pour empêcher toute image de sortir du pays.

Pourtant, les manifestants sont parvenus à poster des vidéos ces derniers jours montrant la violence des affrontements et de la répression, en particulier des sinistres Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran.

Ainsi, « au moins 106 manifestants dans 21 villes ont été tués, selon des informations crédibles », récoltées par Amnesty. Mais pour l’ONG , « le bilan véritable pourrait être bien plus élevé, avec des informations suggérant jusqu’à 200 tués ». Amnesty se fonde sur « des images vidéos vérifiées, des témoignages de personnes sur le terrain et d’informations » de militants des droits humains hors d’Iran.

Elle assure avoir consulté des vidéos montrant « des membres des forces de sécurité utiliser des armes à feu, des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants » mais aussi « des snipers sur les toits d’immeubles tirer sur la foule et, dans un cas, un hélicoptère ». « Des images de douilles sur le sol, ainsi que le nombre élevé de morts, indiquent qu’ils ont utilisé des balles réelles », précise Amnesty.

Tout notre soutien à la révolte populaire des travailleurs et des jeunes ! Levé des sanctions contre le peuple iranien !

Pour un Iran laïque et démocratique : à bas la dictature des mollahs !

Liberté de manifestation et d’organisation !

Le MCI, le lundi 25 Novembre

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