L’unification de l’Irlande en question

Par Jean-Louis

Sous la direction de B. Johnson, les capitalistes britanniques sont lancés dans une tentative désespérée pour que le « brexit » n’ait aucun impact négatif sur leurs affaires. En effet, les travailleurs leur ont joué un bien mauvais tour en prenant au mot D. Cameron lors du référendum de 2016. Il leur importe désormais de retourner la situation à leur profit, avant le 31 octobre, date officielle de sortie du Royaume-uni de l’UE.

Cependant, outre l’avenir de Gibraltar et des bases britanniques à Chypre, la pierre d’achoppement du « brexit » demeure la question irlandaise, la question de la frontière entre la République d’Irlande et « l’Ulster ». Cette province ayant été séparée de l’Irlande à l’occasion du traité de Londres en 1921, sur une base confessionnelle, division que les Irlandais n’ont dans le fond jamais acceptée.

L’UE veut imposer un « filet de sécurité » ou « backstop » pour maintenir l’union douanière avec le Royaume-Uni sous prétexte d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et « l’Ulster ». B. Johnson, de son côté, veut conserver l’accès de son pays au marché unique européen, bref faire en sorte que rien ne change de ce côté-là, malgré la sortie de l’UE, ce qui revient à dire « merde » aux travailleurs britanniques qui ont voté « leave »…

Alors, la solution ne pourrait-elle pas venir du peuple irlandais dans sa globalité ? L’unification de l’Irlande serait le respect des droits du peuple irlandais à disposer de lui-même, sans que ni le Royaume-uni, ni l’UE ne décide à sa place ou en son nom. Libre à lui de définir les relations qu’il souhaite établir ou maintenir avec l’un ou l’autre.

Cependant nous savons qu’à l’époque de l’impérialisme, contrairement à la période antérieure, la question nationale est subordonnée au rapport de forces entre les puissances impérialistes, elle n’est pas vraiment « libre ». Elle dépend tout autant de l’attitude des travailleurs et de leur mobilisation contre l’oppression nationale, comme nous l’avons vu, par exemple, lors de la révolution algérienne.

En conséquence, seule une société libérée de toute exploitation, de toute oppression, libérée en un mot du capitalisme, pourrait aborder sereinement le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, dans un cadre mille fois plus démocratique pour lequel nous combattons : les États-Unis Socialistes d’Europe, dans le cadre d’une République socialiste universelle.

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