Le premier mai, n’allez pas travailler ! Communiqué du MCI-QI

Une "file d'attente de la faim" à Clichy-sous-Bois mercredi 22 avril

Comme chaque 1er mai depuis 1890, les travailleurs du monde entier se mobiliseront en 2020. Cependant, ils font face cette année à une énorme agression de la part des capitalistes pour qui la logique de l’actuelle épidémie due à un coronavirus obéit a celle de n’importe quel fléau qu’il soit naturel ou conséquence d’une activité humaine comme la guerre.

Pour eux, peu importe le nombre de morts

Les capitalistes n’ont retenu qu’une phrase d’Adam Smith : « laisser faire, laisser passer ». C’est cet « adage » qu’ils appliquent concernant leurs affaires, c’est aussi cet adage qu’ils appliquent concernant le coronavirus.

Pour eux, peu importe le nombre de morts : à eux seuls, les opérateurs sur les marchés de matières premières agricoles à la bourse de Chicago, entretenant des pénuries dévastatrices, font des millions de morts chaque année.

Ils le font dans l’anonymat des « marchés » avec la garantie du droit états-unien selon lequel ils ne peuvent être poursuivis car il n’y a pas d’intention criminelle. Pourtant les morts sont là, année après année et certains ambitionnent désormais d’utiliser l’épidémie pour liquider les pauvres, les sans abris, les réfugiés1.

Cela s’appelle la barbarie capitaliste : les banques centrales volent au secours des « marchés financiers » et des banques. Les banques et les assurances en profitent pour liquider les entreprises insuffisamment rentables de leur point de vue, ceci de façon à provoquer encore une vague de fusions et concentrer encore plus le capital entre des mains moins nombreuses.

Que les petits commerçants, artisans, agriculteurs se rassurent : leur banquier les soutiendra comme la corde soutient le pendu en décidant qui doit vivre et qui doit mourir sachant que, sur le plan économique, des faillites c’est aussi des suicides.

Mais les « plans sociaux », les charrettes de licenciements sont encore plus dévastateurs car les travailleurs et surtout les plus précaires, les auto-entrepreneurs et les intérimaires, sont les premières victimes.

Déjà victimes du mal logement et de la promiscuité qui accélèrent la contamination, ils sont les premières victimes car ils sont contraints d’aller travailler, ils ne reçoivent pas d’allocation chômage ni d’aide alimentaire, ils ont le choix entre crever de faim et crever de maladie. Seuls quelques dégénérés comme D.Trump et J.Bolsonaro peuvent nommer ce choix « liberté »

Partout, les capitalistes agissent pour sauvegarder leurs profits, partout ils profitent à fond de l’épidémie pour s’engraisser. Ils imposent aux travailleurs de se rendre au travail, même au péril de leur vie.

 Distribution de nourriture dans la favela de la Cité de Dieu à Rio de Janeiro
 Distribution de nourriture dans la favela de la Cité de Dieu à Rio de Janeiro

Le premier mai n’allez pas travailler !

Dans le même temps, certains capitalistes annoncent bruyamment des opérations caritatives qui sont autant d’opérations de propagande : l’État ne peut pas tout, n’est-ce pas ? Surtout que les gouvernements ont mis en œuvre les politiques d’austérité exigées par les capitalistes, sabotant les services publics, l’éducation, la santé. Le premier mai n’allez pas travailler !

Partout, la spéculation se déchaîne. Les prix augmentent, ceux de l’alimentation, ceux des masques, des gants, des tests, des produits médicaux et, il faut s’y attendre, le laboratoire pharmaceutique qui découvrira un traitement ou un vaccin n’en fera pas don à l’Organisation Mondiale de la Santé : il concédera très cher ses brevets à qui pourra les payer !

Qu’on se souvienne des procès lancés par certains laboratoires contre le gouvernement d’Afrique du Sud qui, faisant face à une effroyable épidémie de sida, avait décidé de passer outre les brevets de certains antiviraux pour lancer une production locale en médicaments génériques ! Ces gens-là, leurs avocats, les gouvernements à leur service, ne reculent devant rien.

Dimanche 19 avril, J.Bolsonaro rejoint des manifestants ne respectant pas les règles de confinement devant le quartier général de l’armée à Brasilia pour réclamer une intervention militaire et la fermeture du Congrès.

Partout, sous prétexte de combattre l’épidémie, mais surtout pour maintenir leurs profits, les capitalistes agissent pour faire voler en éclat le droit du travail, aidés en cela par l’ensemble des gouvernements ; ils agissent pour que « le jour d’après » soit pire que « le jour d’avant ». Aussi, tous les gouvernements cherchent à manipuler les statistiques pour limiter l’ampleur de la pandémie en choisissant soigneusement d’écarter les « maisons de retraites » et de le pas décompter les décès à domicile.

Ce qu’un D. Trump ou un J. Bolsonaro disent tout haut, ce que disait aussi tout haut un B. Johnson, c’est ce que tous les gouvernements y compris celui de Macron et tous les capitalistes pensent tout bas : peu importe le nombre des morts de maladie ou de faim, il faut que le système capitaliste survive, lui, « coûte que coûte ».

Mark Grenon est le chef d’une “église” qui promeut le dioxyde de chlore comme remède miracle contre “99 % de toutes les maladies”. Selon le Guardian, il avait écrit au président américain quelques jours avant que ce dernier ne propose l’eau de Javel comme traitement contre le Covid-19

Deux guerres mondiales ont largement démontré que c’est cette logique qui prévaut pour les capitalistes. C’est pour cela que, partout, la mobilisation doit grandir pour que toute l’aide soit apportés à ceux qui en ont le plus besoin.

C’est pour cela que, partout, la première mesure économique doit être la nationalisation des banques et assurances, des laboratoires pharmaceutiques, du système de santé sous contrôle des travailleurs qui, eux seul, savent ce qu’il faut faire pour combattre la pandémie, à commencer par les personnels médicaux.

Le premier mai, refusez de vous soumettre à
ceux qui sont responsables de cette catastrophe.

Le premier mai, que votre patron vous le demande poliment ou bien qu’il vous menace, le premier mai n’allez pas travailler !

Paris, le 26 avril 2020


1« La vraie question est la suivante : allons-nous couler toute l’économie pour sauver 2,5 % de la population qui, en règle générale, 1/ coûtent cher à la société et 2/ ne sont pas productifs ? » Scott McMillan, avocat californien, sur Twitter le 22 mars 2020

Partager
Montrer
Cacher