Après le Brexit : l’UE et le gouvernement dos au mur

Cameron dépité après le Brexit

Edito de l’Internationaliste 167

Le vote des travailleurs anglais en faveur du Brexit a signifié une accélération sans précédent de la crise qui touche l’UE. Dans un contexte d’aggravation de la crise du capitalisme, d’aiguisement des luttes inter-impérialistes et sur fond d’approfondissement de la lutte des classes, les bourgeoisies du continent et les capitalistes de la planète, sont hantés par une explosion de l’UE, tellement cela représenterait une catastrophe pour eux.

Après le vote sur le Brexit, l’UE et les gouvernements européens sont aux abois et n’ont d’autre choix que de redoubler leurs coups contre les libertés démocratiques et la classe ouvrière, pour faire payer la crise du capitalisme à cette dernière. La bourgeoisie, qu’elle soit de droite ou de gauche a un mandat clair : détruire de manière systématique toutes les conquêtes ouvrières.

En France, la politique menée par F. Hollande et M. Valls a des conséquences dramatiques sur la vie des travailleurs : pacte de responsabilité, Lois Macron, privatisations, attaques sans précédent contre la santé et contre l’éducation publique. Tout cela se traduit par la suppression de centaines de milliers d’emplois et par l’explosion du chômage et de la précarité.

Ces attaques vont de pair avec la restriction des droits démocratiques : sous le mandat de Hollande, les lois anti-terroristes se sont multipliées, ainsi que les attaques contre la laïcité. Ce même gouvernement profite des moyens qui lui sont conférés par l’état d’urgence pour durcir la répression anti-syndicale.

En plein été, la ministre du travail a confirmé le licenciement d’un délégué CGT d’Air France dans l’affaire des « chemises arrachées », tandis que deux délégués CGT étaient interpellés au Havre, étant accusés d’avoir commis des violences lors de la manifestation parisienne du 14 juin. N’oublions pas les Goodyear, accusés d’avoir séquestré les dirigeants de leur usine. On ne peut comprendre la véhémence de ce gouvernement et de ses acolytes européens que par l’âpre résistance des travailleurs contre les plans capitalistes.

Le vote en faveur du Brexit est un vote de classe conscient, exprimant ainsi leur rejet de l’UE, de ses directives mais aussi des politiques menées depuis près de 40 ans. Rappelons que ce vote s’est produit dans un contexte de multiplication des grèves et des manifestations contre l’austérité en Angleterre.

En France, la lutte déterminée contre la loi travail porte en elle le rejet des directives européennes intégralement et exclusivement au service des capitalistes. Cette loi est un enjeu central non seulement pour la bourgeoisie française mais aussi pour les bourgeoisies du continent.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le soutien apporté au gouvernement par le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, pour qui la loi Travail est « nécessaire » non seulement pour la France mais aussi pour toute l’Europe.

Le résultat en faveur du Brexit et le combat contre la loi travail posent la question de l’alternative politique à l’Europe des capitalistes. Nous, GSI, défendons l’abrogation de tous les traités capitalistes de l’UE. Nous défendons également la mise en place d’un gouvernement par et pour les travailleurs.

Aujourd’hui cela signifie commencer par soutenir jusqu’au bout l’ensemble des militants d’Air France, des Goodyear, des Dockers du Havre et d’ailleurs et exiger la levée immédiate de toutes les poursuites qui pèsent sur eux.

Cela signifie également de se mobiliser massivement et dans l’unité la plus large, le 15 septembre et après jusqu’à l’abrogation de la loi Travail.