Facs : Pour Mandon, la solution, c’est plus de privatisation !

Manifestation pour l'education publique à Santiago du Chili

La Ministre de l’Éducation et son Secrétaire d’État marchent sur des œufs : ils doivent appliquer l’austérité à l’université, c’est-à-dire faire payer la dette publique aux étudiants et aux personnels, sans pour autant provoquer d’explosion dans les facs.

En 10 ans, les frais d’inscription ont connu une hausse de 33 % : on est passé de 150 euros pour une année de licence, à 184 euros aujourd’hui. Deux rapports publiés cette année préconisaient d’aller encore plus loin, en augmentant brutalement ces frais (entre 1 000 et 12 000 euros, voir L’Internationaliste n°155).

Face au tollé que ces rapports ont provoqué, et au risque d’un mouvement étudiant d’ampleur, Najat Vallaud-Belkacem a dû décider, à contre-cœur, d’un gel de la hausse des frais d’inscription pour cette année. Autrement dit, les frais sont les mêmes en 2014-2015 et 2015-2016. Doit-on, pour autant, s’en réjouir ?

Premièrement, ce gel témoigne d’une peur du gouvernement que les facs se mettent en grève contre ce processus de privatisation, à l’image des luttes qu’il y a eu l’année écoulée à St Denis, Lyon II, Toulouse etc.

Deuxièmement, la nécessité pour les capitalistes de privatiser l’université et de générer du profit avec notre éducation n’a pas disparu pour autant. Où trouver les 1,6 milliards d’euros dont nos facs vont être amputées d’ici 2017, si ce n’est dans la hausse brutale des frais d’inscription ? Tôt ou tard, le problème resurgira.

Le gouvernement poursuit ainsi son entreprise de démolition de l’enseignement public : Thierry Mandon, le Secrétaire d’État à l’enseignement supérieur, annonçait au micro de BFM Business, le 28 août, que « le modèle économique des universités est à bout de souffle ». Quel est ce modèle ? Celui d’un financement public. Et effectivement, à cause des coupes budgétaires drastiques opérées par les gouvernements successifs, de nombreuses facs sont déjà dans le rouge, ou en faillite.

La solution, selon lui, c’est d’accentuer la privatisation : dans cette même interview, il ajoute que l’université doit être au service des entreprises. En vendant des prestations aux patrons, elles vont pouvoir générer plus de recettes : « C’est un sujet dont je parle avec le Medef, avec M. Gattaz : il faut que le marché de la formation professionnelle s’ouvre un peu aux universités, qui ont des locaux pour accueillir des salariés, des professeurs pour leur donner des enseignements, et même la capacité de diplômer les salariés. » En un mot, le rapprochement entre l’université et l’entreprise est « salutaire » (1).

Quel culot tout de même, de dire qu’il y a de la place pour les intérêts privés, quand on sait que 10 à 15 000 bacheliers de cette année n’ont pas encore pu, faute de place, s’inscrire dans l’enseignement supérieur !

Facs fermées aux intérêts privés ! Facs ouvertes aux enfants d’ouvriers ! Voilà ce qu’il faut répondre à la politique du ministère ! C’est pour mener à bien ce combat que le GSI impulse le Comité de mobilisation contre la privatisation. Rejoignez-nous dans notre campagne permanente contre le démantèlement de l’éducation publique !


(1) Discours de Mandon à l’Université d’été Enseignants-Entreprises, 25 août 2015

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