Non à la hausse des frais d’inscription !

Les étudiants du comité contre la privatisation des universités font signer une pétition contre la hausse des frais d'inscription à Nanterre

Le gouvernement est en train de faire payer aux étudiants la dette publique, qui est pourtant à 100 % illégitime. Cela se traduit par des coupes dans le budget des universités, coupes qui justifient ensuite des hausses de frais d’inscription.

En avril 2015 en effet, ce sont 100 millions d’euros, après les 400 millions de novembre 2014, qui ont été retirés du budget des universités. Ainsi, mercredi 17 juin, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation, persistait et signait : « Dans notre contexte économique, les difficultés sont bien aussi souvent d’ordre budgétaire, et nous nous battrons, ensemble, pour que, tout en participant aux efforts nécessaires pour assainir les finances publiques, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche bénéficient des moyens qui leur permettent de conforter leur excellence. »

En un mot, ce que promet la ministre, c’est l’austérité pour tous. Y compris les écoles d’ingénieurs publiques : en deux ans, on est passé de la quasi-gratuité à 1 850 euros de frais d’inscription !

Dans les universités, les lois Pécresse (2007) et Fioraso (2013) ont permis la multiplication de diplômes locaux, les DU (diplômes d’université), qui ne sont reconnus ni par l’État, ni par les conventions collectives. Les universités peuvent ainsi librement définir le prix de ces diplômes.

Pour ne donner qu’un exemple, le DU « Contentieux international des affaires » de l’université de Créteil est à 3 500 euros en formation continue, pour vingt jours de cours dans l’année !

Les DU sont en train de prendre une place prépondérante : en 2008, ils représentaient déjà 13 % de l’ensemble des droits perçus par les universités. Cinq ans plus tard, on en était déjà à 20 % ! Ceci représente une importante manne financière : en cinq ans, on est passé de 30 à 60 millions d’euros entrés dans les caisses des universités grâce aux DU. Ainsi, certaines universités comme Strasbourg gagnent même plus d’argent avec les diplômes maison qu’avec les diplômes nationaux ! C’est bien vers la fin des diplômes nationaux et la hausse des frais d’inscription que l’on s’achemine.

En effet, le but des capitalistes et des gouvernements à leur service est d’augmenter de façon rapide, brutale et généralisée les frais d’inscription des diplômes nationaux, à l’image de ce qui s’est passé dans les autres pays européens (en Espagne, l’année de licence coûte 1 100 euros). Deux projets sont actuellement à l’étude.

Premier projet : faire d’abord payer les étudiants « extra-européens » : ainsi, France Stratégie, organisme rattaché à Matignon (donc à M. Valls) a publié un rapport intitulé Investir dans l’internationalisation de l’enseignement supérieur le 27 janvier 2015. Selon le souhait de cet organisme, les frais d’inscription en licence passeraient pour les étudiants étrangers de 183 à 6 000 euros, ceux de master de 254 à 12 000 euros, et ceux des écoles d’ingénieurs, de 500 à 15 000 euros !

Deuxième projet : faire payer cher, tout de suite, tout le monde. Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) commandé par la ministre intitulé La situation financière des universités propose un relèvement des licences à 1 000 euros par an pour tous !

Seulement, il ne s’agit pour le moment que de projets. En effet, le gouvernement n’a qu’une peur : qu’il y ait une mobilisation nationale dans les universités ! Le rapport de l’IGF avertit d’ailleurs que la question de la hausse des frais d’inscription est « un sujet sensible politiquement et socialement ». C’est pour cela que le gouvernement ne s’est pas encore affronté frontalement à cette question.

Pour notre part, nous sommes prêts à aller au combat : c’est pourquoi le GSI impulse le Comité de mobilisation contre la privatisation. Nous continuerons d’être dans les universités cet été et à la rentrée pour informer et rassembler les étudiants pour nous préparer à cette bataille centrale.

Non à la hausse des frais d’inscription !
De l’argent pour l’éducation, la santé, les retraites, pas pour la dette !

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