France : le temps des faux-semblants touche à sa fin

Macron Valls Gattaz

Une crise sans fin

Tous les politiciens, tous les éditorialistes des médias bourgeois, tous les analystes économiques du monde auront beau le répéter, il n’y aura pas de reprise économique, pas plus en Europe qu’ailleurs dans le monde. Contrairement à ce que certains ont pu croire par le passé, il ne suffit pas de répéter mille fois un mensonge pour qu’il devienne réalité. La récession est là et la dépression guette.

C’est ce qu’indiquent les derniers chiffres sur la Chine, l’Inde, le Brésil, les États-Unis et l’Europe. La crise économique profonde dans laquelle la France est plongée n’est donc pas due à un quelconque problème spécifique de « dette », de « dépense publique » ou de « coût du travail », mais s’inscrit dans le contexte de la crise globale, la crise structurelle du capitalisme, que les capitalistes eux-mêmes sont incapables de résoudre.

Face à ce constat, la bourgeoisie de ce pays représentée par les différentes tendances de la droite (UDI, l’ex-UMP – Les Républicains – le FN) et par le PS et ses alliés ont un point d’accord : il faut faire payer la crise structurelle du capitalisme aux travailleurs et aux jeunes. Ce choix implique de leur faire payer la dette. Concrètement, il s’agit de couper dans les dépenses publiques et de remettre en cause l’ensemble de la législation du travail.

Les bourgeois affirment que cela permettrait de relancer l’économie, or cette affirmation ne correspond pas à une vérité économique ou à une question technique. Cela correspond à un choix politique, celui de la bourgeoisie, qui veut garder ses marges de bénéfices coût que coûte. Cela passe par l’écrasement de la classe ouvrière et de la jeunesse. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la politique de l’actuel gouvernement entièrement acquis aux intérêts des grands capitalistes.

Un gouvernement en guerre contre les travailleurs et les peuples

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a méthodiquement attaqué l’ensemble des conquêtes ouvrières. Les dernières annonces du ministre de l’économie sont claires : le PS et ses alliés, applaudis par l’ensemble des représentants politiques bourgeois, veulent en finir peu ou prou avec le code du travail, la durée légale du temps de travail, le salaire minimum, le CDI et les statuts de la fonction publique. Rien que ça !

La stratégie du gouvernement PS se situe à plusieurs niveaux. En même temps qu’il liquide les conquêtes ouvrières, le gouvernement réprime ceux qui résistent contre la privatisation, contre les licenciements, contre toutes les attaques. Pour Macron, Valls, Hollande et consort, le syndicaliste combatif est homme à abattre. Les cas de répressions anti-syndicales se multiplient aussi bien dans le privé que dans la fonction publique, avec des licenciements, des radiations et des poursuites judiciaires. Le patronat en a rêvé, le PS le fait.

Enfin, le gouvernement PS, comme tout parti ayant une position pro-impérialiste, mène sa sale guerre au Moyen-Orient, en Syrie en particulier, prétendument pour liquider Daech et ramener la paix, mais en réalité surtout pour empêcher le développement révolutionnaire dans cette zone du monde. Il ne faut pas oublier non plus que les troupes françaises restent fortement mobilisées en Afrique pour protéger les intérêts des multinationales de ce pays.

Macron, Valls, Hollande et tous ceux qui cautionnent leur politique ne sont pas dans la gaffe ou dans la provocation, ils sont dans une politique assumée consciente, pro-impérialiste, pro-patronale. Ils se rêvent en Thatcher et en Bush père en menant une guerre tous azimuts contre la classe ouvrière organisée et contre les peuples en lutte pour leur liberté. C’est la réaction sur toute la ligne.

La crise à tous les étages

C’est là que réside une des plus grandes contradictions de la situation actuelle. Malgré la brutalité de ses attaques, rarement le personnel politique de la bourgeoisie n’ a été aussi affaibli. Les principaux partis politiques institutionnels voient leur base sociale se réduire comme peau de chagrin. Le nombre de militants de ces organisations est en baisse constante. Un récent article du journal Le Monde indiquait que l’ensemble des partis politiques (du PS au FN) perdait des adhérents. Le total des militants politiques de toutes les formations politiques confondues, ne dépasse pas 300 000 personnes soit moins de 0,5 % de la population. C’est un chiffre historiquement bas dans l’histoire du régime parlementaire de ce pays.

Cet élément se reflète premièrement dans une abstention extrêmement forte en particulier dans les quartiers ouvriers (parfois il y a plus de 90 % d’abstention dans certains bureaux de votes des banlieues ouvrières) et deuxièmement dans un aiguisement visible de la lutte des classes. Les grèves sont là, elles sont nombreuses, les grévistes sont déterminés et leurs revendications s’opposent directement aux exigences des marchés financiers relayées par les politiques d’austérité imposée dans le cadre de l’Union Européenne. Cet aiguisement de la lutte des classes est l ‘élément central de la situation politique et sociale.

Dans la situation actuelle, l’abstention et la montée de la lutte des classes sont donc intimement liées. L’abstention est un processus qui correspond à un rejet conscient politiquement des partis institutionnels et de leur conciliation à l’égard de l’UE et de l’Euro.

En effet, depuis le rejet par référendum du projet de constitution européenne – et le non respect de ce vote par les partis bourgeois – la défiance à l’égard des partis institutionnels est de plus en plus forte. Autrement dit, la grande majorité des travailleurs et de la jeunesse qui, en 2005, avait rejeté massivement le traité constitutionnel européen (respectivement par 60 et 80 %) a compris depuis bien longtemps que pour combattre les politiques anti-ouvrières du gouvernement il faut s’opposer à l’UE, ce cartel des bourgeoisies européennes dont l’objectif est d’attaquer la classe ouvrière du continent.

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