Répression anti-syndicale : un nouveau pas est franchi

répression anti-syndicale le 1 Mai 2019

Le gouvernement Macron-Philippe-Castaner a décidé d’imposer au pas de charge le catalogue de contre-réformes exigé par les capitalistes, catalogue mise en œuvre par l’OCDE et impulsé sous l’égide de l’UE. C’est pourquoi les discours sur « la démocratie » cachent de plus en plus mal la réalité d’un régime bonapartiste de plus en plus faible mais de plus en plus brutal.

La colère monte dans le pays alors que ce gouvernement – qui désormais fraye ouvertement avec l’extrême-droite – impulse une vaste opération de division et de dénigrement, relayée par des médias haineux, cherchant à opposer jeunes et vieux, actifs et retraités, travailleurs du privé et fonctionnaires, désignant les cheminots, présentés comme des privilégiés, à la vindicte publique, stigmatisant les chômeurs, les immigrés.

Sans la division, ce gouvernement serait déjà par-terre. Sans la division et la répression, car depuis la contestation de la « loi El-Khomri », la répression a été crescendo. Par le moyen de l’état d’urgence permanent le gouvernement a déployé un dispositif de répression tourné contre les travailleurs et la jeunesse dont les mobilisations sont désormais systématiquement criminalisées.

Manifestations interdites, interrompues, gazées, dispersée au canon à eau, au « LBD » ou avec des grenades de désencerclement, avec les manifestations de « gilets jaunes » un nouveau pas a été franchi dans l’escalade quand les « BAC » ont été engagées contre les manifestants et que les militaires de « vigipirate » ont été positionnés devant les bâtiments officiels, armés de fusils d’assaut.

Le 1er mai 2018, sous prétexte d’affrontement avec des « black blocks », la police avait tenté d’interrompre la manifestation au Pont d’Austerlitz, peu après son départ, y enfermant la tête de cortège dans une nasse.

Le 9 octobre suivant, la tête d’un cortège CGT, FO, Solidaires, à Paris, était copieusement aspergée des gaz lacrymogènes.

Le 1er mai 2019, la manifestation de Paris commence par une charge de CRS contre la tête de cortège de la CGT devant la gare Montparnasse dans un nuage de gaz au poivre et le reste est à l’avenant : un cortège canalisé sur plusieurs kilomètres, où il n’est pas possible d’entrer, d’où il n’est pas possible de partir, attaqué au canon à eau au niveau de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière avec la manipulation honteuse que l’on sait, orchestrée par le Ministre de l’intérieur.

Dans la même période, au moindre prétexte, et même sans le moindre prétexte, des militants syndicaux de la CGT sont embarqués, mis en garde-à-vue, convoqués devant un tribunal.

Ainsi, en mars un élu démocrate-chrétien (Modem) a écrit au Premier ministre pour lui demander la dissolution de l’UD des Bouches‑du‑Rhône ; le 31 octobre c’est le secrétaire de l’UD de Seine‑Saint‑Denis qui est embarqué sans ménagement après une charge de CRS contre un rassemblement syndical organisé à l’occasion de la venue d’Édouard Philippe à Bobigny.

Outre la criminalisation de l’action syndicale, le gouvernement cherche à mettre la pression sur la bureaucratie pour s’assurer que la pratique du « dialogue social », de la collaboration de classe ne sera pas remise en cause, car c’est un élément essentiel de la politique de du gouvernement pour faire avaler coûte-que-coûte ses contre-réformes aux travailleurs et aux jeunes.

Or, justement la seule réponse raisonnable face à la criminalisation de l’action syndicale c’est la rupture du dialogue social ! C’est le retrait de la CGT de toutes les instances dites de « concertation » et la mobilisation générale !

Tous ensemble contre la répression et pour la grève générale pour le retrait du projet Delevoye !

MCI, le 4 novembre 2019

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